Les Emigrés français dans le Canton de Fribourg (Suisse)
1789 – 1815
Les Emigrés français dans le Canton de Fribourg (Suisse)
1789 – 1815
Bénigne IV (1723 – 1797) était l’ultime représentant de la famille Bouhier de la branche dite de Lantenay (ses deux enfants étant décédés en 1761 et 1781) et le dernier habitant du château de Pouilly-les-Dijon construit en 1704 par son grand-père Jean IV (1673 – 1747). Il s’y retira avec sa femme pour y passer tranquillement le reste de leur âge.
1789 : L’ampleur que prit la Révolution qui ne fut pas seulement une émeute mais la fin d’un monde, força sous peine de mort, des milliers de français à quitter le pays.
Les premiers persécutés furent les ecclésiastiques car ils étaient considérés comme étant une milice sournoise, à la solde de la monarchie, destinée à contenir le peuple par la menace de l’Enfer. Les prêtres et les communautés religieuses, étant les plus accessibles physiquement et donc les plus vulnérables, payèrent un lourd tribut dans les exécutions.
Puis vint le tour de l’aristocratie.
Dans le « Livre de Raison d’un notable et académicien aixois » il est dit que les « … directions empruntées par les émigrants ne sont pas le fait du hasard » :
L’émigration élégante : Bruxelles – Londres.
L’émigration militaire : Coblence -Mayence – Worms
L’émigration pauvre : Soleure et Fribourg où l’on pouvait vivre au meilleur prix… »
De tous les Cantons suisses, celui-ci composé de vingt bailliages souverains, de 67 200 habitants, ayant subi une germanisation dès le début du XVIe siècle, s’en affranchit dans la seconde moitié du XVIIIe siècle où « … le visage latin de la cité réapparut… »
Des similitudes avec notre pays : économie, tempérament, coutumes et surtout religion et langues communes, incitèrent 3 716 français à s’y réfugier. Des membres de toutes les catégories sociales vinrent frapper à la porte : 2 447 membres du clergé (seulement 81 dijonnais), 698 de la noblesse (surtout d’épée) et 571 du Tiers-État (domestiques accompagnant leurs maîtres, artisans), ainsi que nombre de vagabonds et aventuriers n’ayant rien à perdre.
Le gouvernement fribourgeois, malgré une situation économique déjà difficile, reçut cette foule dont l’année 1792 fut le pic (60% d’arrivants). Avec méfiance, réserve et méthode, il improvisa des règles et une surveillance accrue, procédant même à des expulsions à succès incertains.
Malgré un cordon frontalier et une gendarmerie urbaine, les « envahisseurs » continuaient à pénétrer, même clandestinement, dans le pays en nombre croissant. La négligence ou la vénalité de la maréchaussée en était-elle la cause ?
Une carte de séjour sommairement détaillée était obligatoirement renseignée mais lors les expulsions les sortants les revendaient aux entrants.
Tous les bailliages de ce grand Canton de Fribourg se trouvèrent rapidement submergés. Le manque d’obéissance aux décrets de la part des hôteliers, aubergistes, propriétaires d’immeubles, logeurs et particuliers, l’appât du gain ou le dévouement, firent oublier les amendes encourues.
Les déportés non admis en Suisse partaient pour l’Allemagne ou l’Italie. Refusés fermement, ils revenaient au point de départ.
Avant ces évènements, depuis longtemps, des fribourgeois partaient en France grossir les rangs de l’armée, essentiellement : les gardes Suisses, Suisses dans les églises pour les cérémonies et la surveillance des lieux, ou portiers de grandes maisons, ce qui convenait à leur caractère docile et patient.
Le massacre de 1792, aux Tuileries, de 1 100 soldats et 40 officiers helvètes formant la garde rapprochée de Louis XVI marqua durablement leur patrie.
Pour nos émigrés, ce saut dans le vide pour fuir l’ogre, ce réflexe inné de survie, passé, présent et avenir (ainsi soit-il) inhérent à l’être humain, ce départ mût par l’imitation, sans calculer les suites d’une pareille démarche, se révéla dramatique pour certains. Français et autochtones comptaient sur un retour rapide grâce à la « contre-révolution » qui ne se fit pas.
Les nantis, partis sans leur entière fortune, d’où les caches aux trésors dignes du « Club des cinq » de notre enfance, découvertes dans les belles maisons (voir l’article sur les « Ventes des biens nationaux et saisies révolutionnaires ») confiants en leur auréole nobiliaire, « … se trouvèrent fort dépourvus quand la bise fut venue … ». Ils furent obligés de vendre ou mettre en gage leurs bijoux et autres objets précieux (argenterie) pour pouvoir survivre. Ils empruntèrent des sommes, garanties par leurs rentes, qui cessèrent brusquement de leur parvenir.
De tous les réfugiés, toutes classes confondues, celle des représentants de la religion fut appréciée par les habitants et nos compatriotes, tant par leurs principes d’humilité et de charité que par leur aptitude séculaire à enseigner qui, même s’ils étaient logés par des fermiers dont ils étaient les ouvriers, servaient aussi de précepteur et créèrent écoles et pensionnats dans tous les chefs-lieux de bailliages. On trouve même une école pour les sourds-muets de 1793 à 1796 (le langage des signes fut mis au point par l’Abbé de l’Espée en France au XVIIIe siècle).
Le système éducatif suisse était « … obscur et méprisé et les filles en était tenues éloignées : ni lire, ni écrire et ne calculer autrement que par les grains de leur chapelet… ».
La scolarité obligatoire : une atteinte à la liberté.
L’instruction : crainte de suites funestes : «… si mon fils en sait plus que moi, il me rabaissera… ».
Ces avancées sociales françaises, nées pendant la période baptisée « Siècle des Lumières » déclenchèrent des conflits dans le pays des montagnes par peur de la contamination des idées révolutionnaires propagées par certains prêtres favorables au changement et, en particulier, à l’amélioration du sort des indigents.
Du prestige de leur pays, de la renommée internationale, de sa culture et de son art de vivre, la noblesse et la haute-bourgeoisie française pensaient s’en servir comme d’un talisman protecteur. Pour le gouvernement suisse républicain, la chute de la monarchie les replaçait au même rang que les autres. D’après une comédie : « L’émigré », publié à Neufchâtel en 1793 : « … les aristocrates en Suisse étaient réduits à faire danser des chiens et les singes savants pour subsister. »
Du nombre total de français de la noblesse se dégageaient 80,8 % de nobles d’épée (militaires en poste intermittents) pour 11,5 % de robe (Parlement – Cour des Comptes), résolument sédentaires, mais hélas, sans la précision qui nous intéresse ici, d’un nombre strictement dijonnais.
Un décret de 1790 stipulait qu’ils ne pouvaient pas résider dans les grandes villes, ni se visiter, et s’abstenir de toute activité politique.
Leur domesticité, notamment masculine, fut réduite au strict minimum : « …l’esprit extrêmement dangereux régnant actuellement en France pouvait se répandre (par eux) dans le pays et entraîner de fâcheuses conséquences… ».
L’interdiction de la totalité de la presse française et cette mise à l’isolement avaient pour but de préserver la neutralité du pays.
Une bienveillance intéressée les accueillit car chaque famille payait l’impôt d’habitation. « … Reçus avec cette aisance à la française accompagnée de la cordialité suisse, l’appauvrissement progressif des « invités » mit fin à la vie brillante et animée des premières années… ».
Mais la Sainte Alliance entre tous les membres de l’aristocratie européenne permit de maintenir de solides relations entre eux, sur un fond d’aide, d’optimisme et d’indéfectible désinvolture pour continuer à vivre sur le « bon ton ».
La position de « premiers arrivants » (c’est-à-dire avant 1792) baptisés par la suite « les anciens » leur attribua un rôle de sage jusqu’à être consultés par les autorités sur la conservation ou l’expulsion de certains résidents.
A partir de 1793, malgré les précautions, des mouvements pro-révolutionnaires corrupteurs s’insinuèrent et un décret d’expulsion totale irréalisable fut décidé pour sauver l’intégrité du pays.
Vue aérienne de Fribourg.
Gardes suisses au XVIIIe.
Recentrons-nous sur nos Parlementaires qui, partis couverts de brocart, se retrouvèrent dépossédés de tout, dans une région aux habitants hostiles et aux hivers longs et rigoureux.
Le livre : « Les émigrés français dans le canton de Fribourg (1789 – 1815) par Georges Audrey, Tome XXI des archives de la Société d’Histoire du canton de Fribourg », imprimé à Neufchâtel en 1972, est un trésor de renseignements sur cette période plus que bouleversée.
Les 406 pages sont plus axées sur les ecclésiastiques (les plus nombreux, les plus actifs), les problèmes politiques et économiques.
Heureusement, quelques noms de familles connues nous ragaillardissent, même si le nom de Bouhier de Lantenay n’est pas cité.
On sait que nos « gens » eurent la chance d’arriver là-bas au bon moment, dès septembre 1790, où tout était encore facile et possible avant la grande invasion inattendue de 1792.
Ils formaient un groupe cohérent, tous cousins, liés entre eux par alliances depuis le XVIe siècle, ce qui les sauva de la détresse physique et morale.
Il fut le meneur qui entraîna les autres à sa suite et qui curieusement ne resta pas longtemps à Fribourg, et pour cause.
Il quitta Dijon avec sa femme, créole, propriétaire à Saint-Domingue, ses deux filles, son fils et six valets de chambre.
Le père, le fils et le valet préféré repartirent à Haïti en 1793 pour réaliser les biens de son épouse, les siens à Dijon ayant été confisqués.
Un long périple qui débuta par l’Allemagne, la Hollande, le Canada, l’Amérique du Nord, se termina à Saint-Domingue pour n’y plus rien trouver : révolte des esclaves.
Le père mourut de la fièvre jaune au Cap Français en 1802. Le fils et son fidèle domestique revinrent à New York. Ce dernier y mourut en 1797.
Après vingt ans passés dans cette ville, vivant de son métier de peintre-portraitiste, il revint à Dijon où plus rien ne lui appartenait. Il fut conservateur du musée de 1817 à 1852 où les œuvres d’art ayant appartenu à sa famille y étaient présentées sous le titre « Saisies Révolutionnaires » (1)
Il déclara en 1792 : « … qu’il n’a jamais eu, ni conçu aucun dessein hostile contre la France et sa patrie (…), que son désir ainsi que celui de tout bon citoyen est de retourner dans sa patrie, de s’y conformer aux lois établies et d’y prêter les serments conformes à ces Lois… ». Il mourut là-bas en 1797 sans revoir ses chères collections qui se trouvent actuellement à la Bibliothèque Municipale, au Musée des Beaux Arts et au Musée d’Histoire Naturelle. (2)
Dans son testament de 1793, la Présidente, sa femme, crie sa rage : « … bannissement inique… vexation inouïe (faisant que) des citoyens tels que nous (elle et son mari), plus que septuagénaires, qui avons vieilli avec honneur et d’une manière irréprochable, voyons nos maisons dévastées et pillées, tous nos biens confisqués, nous-mêmes bannis du royaume et punis de mort si nous tentons d’y rentrer et cela sans jugement et par un renversement d’idées incroyable, sans qu’on puisse alléguer d’autres motifs que de nous être dérobés à l’oppression en allant attendre chez un peuple allié la fin des horreurs qui déchirent notre patrie, tandis que leurs droits de l’homme et toutes leurs lois énoncées consacrent le principe que dans ce cas, la résistance est le droit naturel et l’insurrection un devoir… » (3). Monsieur est mort en 1800 et Madame en 1811.
Elle écrit de Fribourg à son mari, militaire à Valmy, le 2 septembre 1792 : « … Dieu veuille que les émigrés réfléchissent bien que ce n’est plus de vengeance dont il faut s’occuper (…) mais bien l’idée de regagner les cœurs ; (…) et si, au contraire, on justifie la haine qu’on a inspirée au peuple, jamais nous ne retrouverons la paix… On doit sentir que si on n’eût pas fait tant de bravades, ni marqué souvent un désir de vengeance approchant de la férocité des patriotes, si les émigrés en Allemagne se fussent montrés d’une manière plus sage et plus noble, ils eussent joué dans cette guerre un rôle plus honorable et plus important. Si l’expérience ne corrige pas, que nous faut-il donc ? » (4)
Non cité dans le livre de M. Andrey, nous savons qu’il était parti avec sa femme et d’autres parlementaires en septembre 1790. Il avait 67 ans. Il mourut en 1797 à 74 ans. Son service funèbre fut célébré à la cathédrale Saint-Nicolas de Fribourg où ils résidaient donc depuis leur arrivée. Nous ignorons complètement l’aspect de leur asile. Par des détails figurant dans leur généalogie, nous apprenons que sa femme lui survécut et testa in situ en 1797 en faveur de son neveu, le baron de Vinzelle, fils de sa sœur, qui vivaient assurément là-bas avec eux. Rien de plus. (5)
Élu des États du Languedoc, Maréchal de Camps, Chevalier de Saint-Louis, frère de J.J. François de Vogüé, évêque de Dijon, originaire du Vivarais, propriétaire d’une verrerie près d’Autun, spolié de tous ses biens par l’Assemblée Constituante, il décida pour survivre de partir à Londres et d’y placer ses enfants dans une pension pour les protéger, sa femme étant décédée en 1783. L’Assemblée Législative déclara l’interdiction à tout français de voyager librement dans les pays étrangers. Victime d’une attaque à main armée et retardé par le mauvais temps, il mit pied à terre à Calais en 1792.
Considéré comme émigré malgré son retour en France, ses biens dijonnais furent scellés : revenus et mobilier. Malgré les justifications fournies sa situation ne se débloqua pas. En août, à Paris, les massacres commençaient. Il partit en Suisse fin septembre 1792 : (la mauvaise année pour arriver), puis passa en Autriche en 1798. En 1800, on le trouve à Fiume, en Hongrie. Il mourut chez lui, à 80 ans, au château de Chevigny-en-Vallière près de Beaune. Son épouse était la dernière des Bouhier de Versalieu, cousins germains des Bouhier de Lantenay et c’est ainsi que l’Hôtel du 8, rue de la Chouette fut renommé et resta dans cette famille jusqu’en 1961. (6)
Opposé aux réformes de la Révolution, il resta 25 ans en Suisse. Ne voulant pas reconnaître Napoléon, il blâma les émigrés qui avaient renié le serment fait au roi en rentrant en France sous l’Empire. En exil, il essaya de réunir tous les parlementaires en un vaste Parlement capable de sanctionner l’illégalité de l’Assemblée nationale. Revenu sous la Restauration, il mourut à Dijon en 1822. (8)
Sa fortune, l’une des dix plus importantes du Parlement, fut largement amputée par la Révolution. Son fils, moins scrupuleux et veillant au grain, revint à Dijon au début du XIXe siècle et réussit à récupérer la moitié des biens de la famille dont le château de La Berchère. En 1825, il obtint de Charles X 445 062,73 francs d’indemnités d’éviction.
Les moins chanceux, les moins nantis connurent de bien grandes douleurs.
Il parti pour Fribourg en février 1793 et arriva en avril au terme d’un voyage atroce (3 mois). Ayant des connaissances en médecine il pensait s’en servir mais « … la ville était pleine d’émigrés et il avait une peine infinie pour se loger… ». Son projet devenu irréalisable, il entra pour 15 ans au couvent de la Trappe, ordre religieux connu pour sa règle extrêmement dure. Asthmatique, frôlant la mort (ce qu’il espérait) à plusieurs reprises, il décéda à 63 ans.
Pire, les membres des communautés religieuses, hommes ou femmes, étaient entassés dans des souterrains si humides que des stalactites de glace pendaient aux voûtes. Nourris de rien, pain, parfois de légumes, vêtus de peu, un poêle où chacun pouvait se rapprocher pendant un quart d’heure, toutes les conditions étaient réunies pour déclencher maladies, épidémies, en tout cas des morts naturelles en série. On comprend aisément les cas de délabrement psychologiques, allant jusqu’à la folie et au suicide. (7)
Comment nos brillants parlementaires à particules comprirent-ils cette expulsion ?
Ils furent tout simplement victimes du systématique « effet boomerang » qui stipule que l’on reçoit en retour, à plus ou moins brève échéance, le bien ou le mal que l’on a fait.
Ayant profité de leur statut d’hommes de loi au-dessus des lois, les Bouhier et les autres aussi, s’attribuaient par exemple les terres des paysans par expropriation sans contrepartie financière, pour agrandir leurs domaines.
Le Parlement, Etat sans l’Etat, grisé par son pouvoir et rebelle face au Roi, valut à plusieurs reprises à ses membres de se retirer temporairement dans leur campagne. Affront, certes, mais qui avait le goût de quelques années de vacances, sans perte de gain, pour préparer leur retour triomphal avec feu d’artifice mémorable pour les badauds, et hygiénique pour aérer les vieilles perruques et les hermines.
Là, à Fribourg, plus d’argent, plus de faste, et sans public, plus de rôle à jouer.
La solidarité entre eux les soutenait comme les nobles engeôlés à Paris, à la Conciergerie, avant l’ultime exil d’où l’on ne revenait pas. Ils avaient reconstitué une vie le salon où l’on jouait, où l’on dansait, avec cette désinvolture qui faisait le « bon ton » en cette fin du XVIIIe siècle.
Tous les jours les « départs » étaient salués par des « à bientôt » rassurants. Il ne fallait pas offrir aux ennemis un visage « épeuré ». C’eut été déchoir !
Nos deux Bouhier ayant plus de 60 ans au moment du voyage pour la Suisse, avaient déjà rompu avec le pesant prestige du rang familial. S’étant débarrassés des charges, châteaux et hôtels particuliers, ils purent se retirer, à la cinquantaine, dans « ce modèle de maison rustique » à Pouilly-les-Dijon, situé à une heure à pied de la ville. Ils n’avaient pas seulement « bien de l’argent », ils étaient particulièrement riches. La branche Lantenay allait disparaître avec eux faute de descendants directs, le patrimoine passerait à la petite cousine Versalieu, dernière à porter le nom de Bouhier, qui serait définitivement perdu lors de son futur mariage.
Pourquoi donc, le glas sonnant, continuer à augmenter cette fortune encore récemment accrue par l’héritage juteux de Jean de Berbisey, décédé en 1756, également dernier représentant de son antique famille. Ce legs testamentaire aurait dût passer à son filleul Jean Bouhier, né en 1723. Mort prématurément en 1751, ce bien échut au père de celui-ci, Bénigne III Bouhier, l’auteur de l’hôtel de la rue de la Préfecture.
On peut imaginer que, malgré leur rancœur, leur vie helvète ne leur déplut pas tant que cela. En 1790, il était encore possible de se bien loger. Avec leurs compatriotes-cousins, tout était à découvrir. Recréer une vie sociale avec des suisses du même monde comptait beaucoup pour eux.
Pour « donner campos » à l’ennui, le charme de nouvelles relations se présentait et ils retrouvaient leur rôle de personnes qu’il fallait absolument avoir à sa table (des français, pensez donc, et qui ont vécu des moments terribles ! Succès assuré).
Nous savons que Bénigne IV est décédé et enterré là-bas. Le rôle des femmes dans les généalogies n’est jamais trop détaillé. Sa femme lui a survécu et n’est jamais retournée à Dijon.
Il s’agissait d’un de ces mariages d’intérêt mais qui perdura car basé sur une courtoise amitié, laquelle se resserra encore plus, suite à ces « haut-le-cœur » de l’Histoire.
Le Fureteur
Sources :
(1) Mémoires de l’Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Dijon – Tome CXXI, années 1970 – 1972 . « Le voyage de Bénigne Févret de Saint-Mesmin et de son fils de Fribourg à New-York en 1793 » - Pierre Quarré
(2) (3) (4) Les Emigrés Français dans le Canton de Fribourg (1789 – 1815). Georges Audrey, 1972
(5) Arbre généalogique des Bouhier : « Notice généalogique Woelmont-Brumagne, Bibliothèque Municipale de Dijon
(6) Histoire de la Côte-d’Or, de la Révolution à la Belle Epoque : Un Emigré, le Comte de Vogüé – Claude Farenc, 2004
(7) Les Emigrés Français dans le Canton de Fribourg (1789 -1815). Georges Audrey, 1972
(8) La Revue de Bourgogne, 1985
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